Une méthode qui s'avère payante
Management Training (MT) occupe plus de trente stagiaires dans ses bureaux de Lausanne. La société, active dans la réinsertion professionnelle, travaille au maximum de ses possibilités, et la liste des candidats s’allonge. Est-ce un effet de la récession et de l’augmentation du chômage? En partie, certainement, mais en partie seulement, car MT, qui bénéficie de l’appui financier du Service de l’emploi du canton de Vaud et du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), a eu largement le temps de faire ses preuves en plus de quinze ans d’activité.
«Même si retrouver un emploi est devenu plus difficile aujourd’hui, quelque 40% de nos stagiaires, en moyenne, y parviennent durant les trois mois de leur stage chez nous», relève avec un brin de fierté le nouveau directeur Jean-Marc Miauton. Et il peut parler en connaissance des problèmes de la réinsertion professionnelle, puisqu’il y a dix-huit mois, à plus de 50 ans, il a été frappé de plein fouet par les suppressions d’emploi intervenues chez Swisscom.
Management Training se présente comme une entreprise de pratique commerciale. Son porteur de projets est la Société des employés de commerce et elle est certifiée Eduqua, une assurance qualité dans le domaine de la formation. Titulaires d’un CFC, vendeurs ou actifs dans une profession commerciale pour la plupart d’entre eux, les demandeurs d’emploi passent durant trois mois dans deux ou trois des départements de l’entreprise de pratique commerciale et peuvent ainsi élargir leur bagage ou acquérir de nouvelles bases d’employé, d’assistant ou de chef de projet.
«Selon leurs désirs et leurs compétences, ils choisiront le secrétariat, la comptabilité, les achats, les ventes, les ressources humaines ou encore le marketing, note Jean-Marc Miauton. Management Training n’est toutefois pas une entreprise fictive. La pratique est d’ailleurs indispensable pour qui veut perfectionner son savoir-faire et son savoir-être et améliorer ainsi ses chances de trouver un nouvel emploi. Nous travaillons avec des entreprises marraines (Swisscom, Logitech, Lausanne Tourisme), qui mettent à notre disposition des produits ou des services, charge à nous d’élaborer les catalogues et de les vendre.»
Toutes les conditions de l’économie privée sont ainsi réunies dans l’entreprise, sauf qu’aucun flux de marchandises ou d’argent n’est généré. Les débouchés se trouvent dans un réseau d’une cinquantaine d’entreprises commerciales en Suisse, en plus des quelque 5000 «sœurs» actives dans le monde. Le tout est coordonné par le siège central Helvartis à La Chaux-de-Fonds (NE). L’ensemble des activités bancaires et postales est dirigé depuis Helvartis, qui intervient, bien sûr, à Lausanne dès qu’elle décèle une erreur. D’autre part, MT se retrouve régulièrement à une exposition avec les autres entreprises de pratique commerciale.
Le fait, pour les demandeurs d’emploi, de pouvoir passer dans plusieurs départements d’une entreprise de pratique commerciale comme Management Training est incontestablement un atout, «car dans la conjoncture actuelle, marquée par des suppressions d’emplois, les employeurs demandent de plus en plus fréquemment à leurs collaborateurs une certaine polyvalence». Avec des contacts personnels et des journées de portes ouvertes, les animateurs de MT ont pu étoffer leur carnet d’adresses d’employeurs potentiels. Ils en comptent une dizaine à l’heure actuelle, dont Bobst, Gétaz Romang, Romande Energie et des communes, mais ils souhaitent pouvoir encore étoffer cette liste.
Ateliers proposés
En complément à leur formation pratique, plusieurs workshops sont proposés aux stagiaires portant, par exemple, sur les salaires, les assurances sociales, les transports ou encore la TVA. Des petits-déjeuners pris en commun leur permettent de renforcer leur bagage en anglais. «Mais nous accordons également une grande importance à tous les problèmes humains qui touchent ces personnes à la recherche d’un emploi, conclut Jean-Marc Miauton. Certaines d’entre elles doivent être consolidées moralement, car elles traversent une période difficile de leur vie. Les participants peuvent également faire une étude de personnalité qui définira dans quel domaine d’activité ils seront les plus opérationnels. Nous les aidons à mettre à jour leur curriculum vitae, à faire des recherches d’emploi – ils y consacrent 20% de leur temps – et nous les préparons à leurs entretiens d’embauche. Et la solidarité entre les stagiaires renforce sensiblement leur motivation, y compris chez les plus de 60 ans…»
Etienne Oppliger



