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Alain Bourqui, directeur de la société électrique de la vallée de Joux: "Notre horizon s'est élargi, s'ouvrant à ce qui gravite autour de nous."© LDDAlain Bourqui, directeur de la société électrique de la vallée de Joux: "Notre horizon s'est élargi, s'ouvrant à ce qui gravite autour de nous."

L'opération séduction relative à l'apprentissage est une réussite

Ouvrir le regard du monde horloger sur d’autres filières que les métiers directement liés à cette activité: le défi est en marche

«L’objectif des 1000 places est déjà atteint!», se félicite Olivier Mark, responsable de Jobapp, démarche de promotion de l’apprentissage lancée par les organisations de l’économie vaudoise, en partenariat avec la Direction générale de l’enseignement post-obligatoire. A quelques semaines du bilan, le compteur tourne toujours. Mais les chiffres ne devraient pas s’imposer comme uniques critères d’appréciation, souligne M. Mark, intéressé par les bénéfices à long terme de l’opération. Notamment dans la vallée de Joux, où la prospection bat actuellement son plein auprès des groupes horlogers.

Approche peu évidente
L’approche n’est pas évidente, principalement parce que l’industrie horlogère dispose de sa propre école de formation, l’Ecole technique de la vallée de Joux, qui propose six CFC dédiés aux métiers de base. «La sensibilité de ces entreprises à la création de nouveaux postes d’apprentis n’est naturellement pas exacerbée», relève Raphaël Odoni, prospecteur des grandes entreprises dans la Vallée. De plus, face à la croissance parfois vive de certains de ces groupes, l’urgence des ressources humaines touche plutôt la consolidation du core business et/ou la formation continue. «C’est pourquoi, poursuit Raphaël Odoni, notre objectif est d’ouvrir leur regard sur d’autres filières que les métiers directement liés à leur activité. Car celles-ci participent également de leur bonne marche et de leur développement. S’y intéresser revient à intensifier la connexion de ces employeurs avec le bassin d’emploi local et le pérenniser.» La réflexion porte ainsi sur les professions annexes de logisticien, magasinier, médiamaticien, électricien de réseau, employé de commerce, etc.

Les responsables contactés ont largement accueilli l’initiative, parfois impressionnés par les moyens que le canton, à travers le projet et les spécialistes engagés pour le porter, a dégagés en faveur de l’emploi des jeunes. D’autant que les avantages touchant la transmission d’un savoir, également dans ces filières périphériques, sont multiples, enchérit Olivier Mark. Cela oblige à formaliser une somme d’acquis par l’expérience, impliquant, à terme, une valorisation du travail, le renforcement de la motivation du personnel et, in fine, l’amélioration de la valeur sociale de l’entreprise.

Reste à concrétiser l’engouement initial. A l’instar d’autres secteurs, immédiatement embarqués dans l’aventure. C’est le cas de la Société électrique de la vallée de Joux, qui vient de mettre deux nouveaux postes d’apprentis au concours, s’ajoutant à la dizaine qu’elle entretient pour ses cinq métiers de base. Son directeur, Alain Bourqui, se réjouit de la démarche: «Nous nous sommes posé des questions qu’on ne se pose précisément jamais, par manque de temps. Notre horizon s’est élargi, s’ouvrant à ce qui gravite autour de nous. J’ai ainsi décidé d’associer un apprenti agent d’exploitation à mon concierge et un logisticien à l’un de mes magasiniers. J’en ai également parlé autour de moi, aux horlogers, à la Société industrielle et commerciale de la Vallée, dont je suis membre du comité. La machine est lancée.»

Intégration des jeunes
Au final, Jobapp aura révélé que les acteurs dominants de la région s’accordent majoritairement sur le principe d’un soutien à l’intégration des jeunes. Le souhait d’Olivier Mark sur le rayonnement de l’opération pourrait être exaucé.

Jobapp est présent au Comptoir de la vallée (stand SIC), du 26 au 29 avril 2012.
www.comptoirvalleedejoux.ch


Camille Bozonnet