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Les métiers de la cuisine remettent le couvert [CLONE]

Les fourneaux attirent davantage les jeunes. Les émissions de TV consacrées à l’art culinaire contribuent à redorer l’image de la profession

La cuisine n’a jamais été aussi tendance dans nos sociétés. Les médias, en particulier français, ont contribué à faire des chefs de véritables stars. La pléthore d’émissions de télévision sur l’art culinaire, telles que «Masterchef» (TF1), «Top Chef» et autres «Un dîner presque parfait» (M6), ont en outre participé à démocratiser l’art culinaire et l’amour des bons produits alimentaires.

Ces programmes audiovisuels suscitent aussi des vocations chez les jeunes en recherche d’apprentissage comme chez les adultes qui souhaitent changer d’orientation professionnelle. L’effet est vraiment net en France, où les cursus en hôtellerie-restauration rencontrent depuis quelque temps un franc succès, selon nos sources.

Effet revalorisant
Qu’en est-il de ce côté-ci du Jura? «A Genève, on ne constate pas d’explosion des vocations depuis le lancement de ces émissions. Les chiffres du nombre de jeunes entrant en apprentissage dans nos métiers sont stables, observe Laurent Terlinchamp, président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève. En revanche, ce qui est clair, c’est que ces programmes ont contribué à revaloriser les professions de la cuisine, en mettant en avant leurs aspects technique, créatif et artistique. Cela a permis à certains parents, chez qui nos professions n’avaient pas toujours une bonne image, de mieux accepter la volonté de leur enfant de faire un apprentissage de cuisinier».

Outre-Versoix, la situation est quelque peu différente. «Dans le canton de Vaud, depuis cinq ans environ, il y a chaque année une hausse substantielle du nombre d’apprentis dans les métiers de l’hôtellerie-restauration, surtout pour ceux de la cuisine», constate son homologue de Gastrovaud, Frédéric Haenni. Pour le responsable, cet engouement pour les fourneaux s’explique toutefois moins par l’impact des émissions TV de cuisine que par la forte concentration de chefs étoilés autour de l’arc lémanique. «C’est un peu comme dans le sport: lorsqu’un Roger Feder gagne en tennis, cela donne envie aux jeunes de faire du tennis et de gagner à leur tour une telle notoriété.»

Attention à la désillusion
Les deux spécialistes mettent toutefois en garde face aux risques de désillusion. Car la cuisine n’est ni un hobby, ni un jeu, ni une compétition. Savoir cuisiner pour quelques convives n’est pas la même chose que cuisinier pour plusieurs dizaines de clients qui vont payer leur addition. Et savoir tenir un couteau ne signifie pas pour autant savoir tenir un restaurant.

«Certains jeunes de 20 ans se voient déjà chefs… La cuisine est un vrai métier qui nécessite beaucoup d’études et de travail. Et c’est parfois moins drôle que ce qu’on peut voir dans ces émissions de télévision», souligne Laurent Terlinchamp. «Ces programmes sont du spectacle. Ils ne reflètent pas la réalité. Il y a un côté physique et répétitif dans les métiers de la cuisine qui ne transparaît pas dans ces émissions», ajoute Bernard Livron, patron du Café de Certoux et chef apprécié.

«Ces métiers sont toutefois parmi les rares qui offrent autant d’opportunités professionnelles, se félicite Laurent Terlinchamp. Il suffit de parler anglais pour pouvoir ensuite trouver un emploi partout ailleurs dans le monde».


Fabrice Breithaupt