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Les travailleurs qualifiés représentent aujourd’hui 61,5% des effectifs totals de la branche horlogère et microtechnique.© Jean-Paul GuinnardLes travailleurs qualifiés représentent aujourd’hui 61,5% des effectifs totals de la branche horlogère et microtechnique.

Les effectifs dans l’horlogerie ont explosé en 2011 en Suisse

Le recrutement de nouvelles forces a été très favorable dans le secteur en 2011. Le nombre d’entreprises a en revanche reculé

La bonne santé qu’affiche l’industrie horlogère suisse depuis des mois se reflète dans le dernier recensement opéré par la Convention patronale de l’industrie horlogère (CP). Rendus publics la semaine dernière, les effectifs ont augmenté de 8,8% en 2011, passant de 48 548 à 52 803 travailleurs.

«C’est le deuxième chiffre le plus haut depuis la fin de la crise horlogère, en 1978, se réjouit François Matile, secrétaire général de la CP. Le record avait été atteint en 2008. Ensuite, il y a eu la dernière crise que l’on connaît où les pertes avaient été importantes. Ces pertes étant maintenant compensées, tout va bien.»

Des structures saines
Pour l’organe faîtier des employeurs de la branche, ces bons résultats s’expliquent par le fait que cette industrie dispose de structures saines avec des capacités de production élevées et une bonne résistance aux aléas conjoncturels. En dix ans, l’industrie horlogère et microtechnique a gagné près de 12 000 travailleurs.

S’agissant de la répartition géographique, le trio de tête reste le même que celui qui prévaut depuis bon nombre d’années. Il est formé par Neuchâtel (27,7%), Berne (20,3%) et Genève (17,1%). Viennent ensuite le Jura (9,8%), Vaud (9,2%) et Soleure (7,4%). En 2011, la progression des effectifs s’est produite essentiellement dans les cantons de Neuchâtel (+1298), Berne (+1091) et le Jura (+545). Ces six cantons représentent près de 92% des 573 entreprises du secteur.

Le détail par catégorie montre une forte progression du personnel de production (+3535, soit +9,9%). Mis à part le personnel de direction, les autres catégories affichent également des taux positifs (personnels administratifs et à domicile).
Petit bémol: le nombre de sociétés a baissé de 23 unités (-3,8%) et passe de 596 à 573. De mauvais augure? «Non, assure François Matile. Ce sont les évolutions normales du secteur. Sur le moyen terme, on constate que ce n’est pas significatif: il y a dix ans, on comptait pratiquement le même nombre d’entreprises.»

La branche s’enorgueillit par ailleurs des chiffres «très réjouissants quant au niveau de qualification de ses travailleurs». La CP constate que, lentement mais sûrement, la proportion de non-qualifiés baisse dans le secteur. Ainsi, de 2010 à 2011, elle est passée de 37% à 36,6%. Pour comparaison, il y a vingt ans, on comptait deux tiers de non-qualifiés contre un tiers de qualifiés. Ces derniers représentent aujourd’hui 61,5% des effectifs totals (45,2% au bénéfice d’un diplôme de métier et 16,3% avec formation supérieure).

Bien que toujours plus de jeunes plébiscitent les formations horlogères, le nombre d’apprentis (965) effectuant leur formation en entreprise (apprentissage dual) n’a pourtant pas bougé depuis 2010. La part de cette catégorie a même baissé, en passant à 1,9% contre 2,1% en 2010. Ces résultats constituent «un souci pour notre organisation professionnelle, remarque François Matile. Le nombre d’apprentis en apprentissage dual a toujours été faible. Nos efforts, ces dernières années, ont conduit à une augmentation du nombre d’apprentissages dans les écoles d’horlogerie. Maintenant, nos efforts sont concentrés sur les entreprises pour augmenter la part du dual.»

Très conventionné
Pour clore ce panorama chiffré, la CP note encore que l’affiliation des entreprises horlogère et microtechnique à la convention collective de travail (CCT), cosignée avec les syndicats, affiche une rigoureuse stabilité en termes d’effectifs. Le taux de travailleurs exerçant leur activité dans des sociétés soumises à la CCT reste fortement majoritaire avec 85,7% (même chiffre qu’en 2010). En données absolues, cela représente 45 268 personnes sur un total de 52 803. Quant à la part des entreprises, la Convention patronale relève une baisse «insignifiante» (0,6 point) par rapport à 2010 (de 72,3% à 71,7%), soit 411 entreprises sur un total de 573. Le secteur reste l’un des plus conventionnés avec près de trois-quarts du tissu industriel sous régime de la CCT.


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Jean-François Krähenbühl