La recherche d'un job passe par le réseautage et les bonnes agences
«Nous ne sommes pas la cour des miracles, ni l’ORP. Nous ne garantissons rien à un candidat lorsqu’il sort de notre bureau, qu’il s’agisse d’un chômeur à la recherche d’un emploi ou d’une personne en réorientation de carrière. Mais il doit aussi être critique à l’égard de notre métier, qui compte quelques charlatans, surtout parmi les recruteurs de cadres.» Brossé par Christophe Andreae, associé de l’agence lausannoise JRMC Associés, le décor n’a rien de complaisant, mais il colle à une réalité que connaissent deux autres professionnels de la branche, Catherine Pahud (Adecco) et Eric Gerini (PEMSA).
Réseautage capital
Avec le premier (cadres et ingénieurs), la deuxième (emplois administratifs) et le troisième (bâtiment et industrie), nous avons fait un tour d’horizon des contraintes qu’ils rencontrent dans leur profession et des conseils qu’ils peuvent donner aux candidats pour qu’ils mettent les meilleures chances de leur côté dans la recherche d’un nouvel emploi.
On estime que 18 à 20% du marché de l’emploi passe par les agences de placement et de recrutement. «Mais dans bien des cas les gens qui recourent à nos services sont imparfaitement préparés à la discussion. Dans leur esprit, décrocher un job en passant par l’intermédiaire d’un recruteur est la solution de dernier recours. Ils viennent un peu en catastrophe, leur dossier est incomplet, leur CV est lacunaire, leurs souhaits sont vagues.»
Nul ne conteste l’utilité d’internet dans la recherche d’un emploi. «Le web permet de présenter des dossiers bien ficelés. Mais les sites de recrutement ont aussi leurs limites. Ils ont banalisé la recherche, et lorsqu’il s’agit d’un emploi on ne peut pas l’effectuer à la légère.» Un conseil s’adressant plus précisément à celui qui envisage, tôt ou tard, un changement d’employeur ou une réorientation de carrière: créer un réseau anticipatif. Réseau de relations personnelles, contacts avec des agences. «Nous sommes un cabinet de conseils avant d’être une agence de recrutement, affirme Christophe Andreae. Nous aidons autant les gens à progresser dans leur carrière qu’à trouver un nouvel emploi. Mais en même temps il ne faut pas qu’ils surestiment nos possibilités. C’est une erreur que commettent bien des candidats. Ils ne doivent pas miser uniquement sur la société de recrutement, le réseautage est tout aussi important.»
Dans la conjoncture actuelle, chaque offre d’emploi attire sa cohorte de demandeurs. Mais comment peuvent-ils éviter que leur dossier se retrouve au fond de la pile, que ce soit dans l’agence de placement ou chez l’employeur? «Le savoir-être du candidat, la propreté de son dossier – un maximum d’informations pertinentes avec des photos professionnelles – la qualité de ses références et la clarté de ses désirs sont des atouts décisifs, expliquent en chœur Catherine Pahud et Eric Gerini. Nous voyons arriver des gens qui ont mal lu l’annonce de l’offre d’emploi. D’autres, parmi les jeunes, ont pris rendez-vous par l’intermédiaire de leur mère. Il est peu probable que leur dossier se retrouvera au-dessus de la pile des candidats.»
Garder la maîtrise
En même temps qu’il mettra un maximum d’atouts dans sa manche pour décrocher le job convoité, le candidat gardera un œil critique sur le travail de son agence de placement. Car ils sont nombreux, les recruteurs, et nos interlocuteurs n’hésitent pas à parler de cannibalisme dans la branche. Le candidat sera bien inspiré d’en parler autour de lui, de s’assurer de la qualité de ses annonces, de l’éthique de ses collaborateurs et, si possible, d’obtenir une liste de ses clients qui peuvent être des références. Il doit garder la maîtrise constante de son dossier même s’il s’adresse à plusieurs intermédiaires, ce qui s’applique surtout à la personne en réorientation de carrière. Etant entendu que la réciproque est aussi valable et qu’il ne distribuera pas son dossier à gauche et à droite.
Etienne Oppliger



